Il y a des moments dans une vie où l’on réalise que quelque chose a profondément changé.
Non pas à travers un événement spectaculaire, mais à travers une nouvelle manière d’être au monde.
Pendant longtemps, j’ai appris à exister dans le lien aux autres.
Très tôt, j’ai développé des mécanismes d’adaptation pour préserver la relation, éviter le rejet et trouver ma place.
Comme beaucoup de personnes ayant traversé certaines blessures relationnelles, j’ai parfois cherché à travers le regard de l’autre ce que je peinais encore à reconnaître en moi-même.
Ces mécanismes ont eu leur raison d’être. Ils m’ont permis de traverser certaines expériences et de m’adapter à ce qui était alors nécessaire.
Mais au fil de mon chemin, j’ai compris qu’ils pouvaient aussi m’éloigner de moi-même.
Aujourd’hui, ce que la vie m’invite à expérimenter est différent.
J’apprends à me tenir plus proche de moi-même.
À ne plus me quitter pour préserver le lien.
À ne plus me définir à travers les attentes, les besoins ou le regard extérieur.
J’apprends à rester présente à ce qui est profondément juste pour moi, tout en demeurant en relation avec les autres.
Ce n’est pas une fermeture.
Ce n’est pas un retrait du monde.
C’est une autre manière d’habiter le lien.
Une manière où la relation ne demande plus de renoncer à soi.
Une manière où il devient possible d’être pleinement soi tout en restant profondément relié.
Avec le temps, j’ai compris que les épreuves que j’ai traversées ne m’ont pas seulement appris à reconnaître les mécanismes d’emprise ou les stratégies de survie.
Elles m’ont conduite vers une compréhension plus essentielle :
rester fidèle à son Être sans se perdre dans l’autre.
C’est depuis cet espace que je poursuis aujourd’hui mon chemin.
C’est depuis cet espace que je crée, que j’écris, que je transmets et que j’accompagne.
Je tenais à déposer ici cette étape de mon parcours, comme une trace de ce qui se révèle et se transforme au fil du chemin.